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Arrivée à Cuba d'un pétrolier russe, bref répit face au blocus énergétique américain
information fournie par AFP 31/03/2026 à 22:05

Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin au terminal pétrolier du port de Matanzas, au nord-ouest de Cuba, le 31 mars 2026 ( AFP / Yamil LAGE )

Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin au terminal pétrolier du port de Matanzas, au nord-ouest de Cuba, le 31 mars 2026 ( AFP / Yamil LAGE )

Un pétrolier russe a accosté mardi dans un port de Cuba pour livrer à l'île en crise la première cargaison de brut depuis janvier, un répit dans le blocus énergétique imposé par les Etats-Unis.

L'Anatoly Kolodkin, qui transporte 730.000 barils de brut, est arrivé à Matanzas, à l'est de La Havane, vers 08H15 heure locale (12H15 GMT), selon une équipe de l'AFP sur place. Il s'agit de la première cargaison de pétrole reçue par Cuba depuis le 9 janvier.

La décision du président américain Donald Trump de laisser la Russie livrer du brut à Cuba malgré un embargo américain de facto depuis le début de l'année permet d'éviter une confrontation avec Moscou tout en offrant une bouffée d'air à cette île communiste de 9,6 millions d'habitants.

Mais la Maison Blanche assure que les sanctions américaines restent inchangées, la porte-parole Karoline Leavitt parlant de "décisions au cas par cas".

Dans la baie de Matanzas, quelques Cubains ont assisté aux manœuvres du gigantesque navire russe à son entrée au port.

"C'est fondamental pour que nous puissions subsister parce que le pays est à l'arrêt", a confié à l'AFP Felipe Serrano, 76 ans, qui travaille comme vigile dans un restaurant.

Leticia Munguia, une retraitée de 61 ans, se réjouit elle aussi de l'arrivée du pétrolier : "Pourvu qu'ils continuent d'envoyer du (pétrole), parce que cet envoi ne couvrira pas tous nos besoins".

L'île est confrontée depuis des années à une crise économique et énergétique, exacerbée par la suspension en janvier de l'approvisionnement en brut en provenance du Venezuela après la capture de son président, Nicolas Maduro, par les Etats-Unis et par la menace américaine de sanctionner tout pays livrant du pétrole à La Havane.

Le ministère cubain des Affaires étrangères a remercié lundi la Russie, évoquant sur X une "aide précieuse".

L'ambassade de Russie à Cuba a estimé qu'il était de son "devoir d'aider (ses) frères cubains dans ces conditions difficiles".

- "Un peu d'oxygène" -

La pénurie de carburant frappe des secteurs vitaux de l'économie cubaine, comme le tourisme, la production de nickel et celle de tabac, et a contraint le gouvernement à adopter un plan d'urgence qui prévoit un rationnement drastique de l'essence.

L'île a en outre subi sept coupures de courant nationales depuis octobre 2024, dont deux rien qu'en mars, qui ont provoqué quelques rares manifestations.

Des remorqueurs guident le pétrolier russe Anatoly Kolodkin au terminal pétrolier du port de Matanzas, au nord-ouest de Cuba, le 31 mars 2026 ( AFP / STRINGER )

Des remorqueurs guident le pétrolier russe Anatoly Kolodkin au terminal pétrolier du port de Matanzas, au nord-ouest de Cuba, le 31 mars 2026 ( AFP / STRINGER )

Les analystes estiment la cargaison russe, qui a fait l'objet de discussions en amont entre Moscou et Washington, n'offrira à Cuba qu'un répit de courte durée.

"Cela peut donner un peu d'oxygène pour un temps mais on est très loin de régler l'ampleur du déficit auquel le pays est confronté", a déclaré à l'AFP Ricardo Torres, économiste cubain à l'American University de Washington. Il souligne que les problèmes d'électricité de Cuba sont avant tout "structurels".

Une fois raffiné, le pétrole russe permettra de produire de l'essence pour le système de transports ainsi que du gazole et du fioul pour les groupes électrogènes de secours, a dit à la télévision cubaine Irenaldo Perez, le directeur adjoint de la compagnie pétrolière publique Cupet.

Selon des analystes, le raffinage et la distribution pourraient prendre environ trois semaines.

- Stratégie américaine -

L'objectif des restrictions américaines est de contraindre La Havane à "faire de vraies concessions à la table des négociations", analyse Ricardo Herrero, le directeur exécutif du Cuba Study Group, un centre de réflexion non partisan ayant son siège à Washington.

Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin arrive au terminal pétrolier du port de Matanzas, au nord-ouest de Cuba, le 31 mars 2026 ( AFP / Yamil LAGE )

Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin arrive au terminal pétrolier du port de Matanzas, au nord-ouest de Cuba, le 31 mars 2026 ( AFP / Yamil LAGE )

"La stratégie est de conduire le système au bord du gouffre", a-t-il expliqué à l'AFP, "mais pas de provoquer un effondrement total ou une catastrophe humanitaire".

Donald Trump a multiplié ces derniers mois les menaces contre La Havane, évoquant même l'idée de "prendre Cuba" qui selon lui fait peser "une menace exceptionnelle" sur la sécurité nationale américaine.

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a confirmé à la mi-mars l'existence de pourparlers avec Washington.

Pour M. Herrero, la cargaison russe "n'aidera pas l'économie à se redresser" : "il s'agit simplement d'une aide humanitaire".

13 commentaires

  • 21:35

    embargo : en fait, depuis 60 ans ! Et presque tous les pays du monde font cet embargo. ils s'alignent depuis 60 ans derrière les USA.


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